COMMUNIQUE DE PRESSE N°10/OLUCOME/08/2014 RELATIF A LA DETENTION INJUSTE DE PIERRE CLAVER MBONIMPA, PRESIDENT DE L’APRODH

COMMUNIQUE DE PRESSE N°10/OLUCOME/08/2014 RELATIF A LA DETENTION INJUSTE DE PIERRE CLAVER MBONIMPA, PRESIDENT DE L’APRODH

L’Observatoire de Lutte contre la Corruption et les Malversations Economiques (OLUCOME) est, une fois de plus, profondément attristé par le maintien en détention injuste d’un militant des droits de l’homme internationalement reconnu, Pierre Claver MBONIMPA, président de l’APRODH. Ce défenseur des droits humains vient de passer 77 jours en prison sans motifs valables.

Les partenaires du Burundi, les organisations de défense des droits de l’homme à travers le monde, les organisations de la société civile Burundaises, les médias, les citoyens ordinaires, etc. ne cessent de demander la libération de Pierre Claver MBONIMPA. Mais les autorités burundaises font toujours la sourde oreille.

Tous ceux qui demandent la libération de Pierre Claver MBONIMPA estiment qu’il ne fallait pas tirer sur le messager, mais plutôt que l’Etat burundais devrait commanditer une enquête indépendante pour vérifier les propos du président de l’APRODH. Celui-ci avait dénoncé les probables entraînements paramilitaires des jeunes burundais sur le territoire congolais (RDC). Parmi plusieurs preuves présentées par Pierre Claver Mbonimpa devant le substitut du Procureur en Mairie de Bujumbura, Salvator NDAYIZIGA alias NYAMIZI figuraient cinq (5) photos. Ce magistrat s’est borné sur une seule photo parmi celles-là pour l’accuser de troubles sécuritaire à l’intérieur et à l’extérieur du pays, au lieu de condenser toutes les photos et d’autres preuves. Il a fini par envoyer, à la prison centrale de MPIMBA, cet éminent défenseur des droits humains qui a tant fait pour le pays.

Dans son communiqué de presse N°09/OLUCOME/05/2014, l’OLUCOME a évoqué quelques actions déjà menées par Pierre Claver MBONIMPA. Nous avons souligné que le président de l’APRODH a plaidé notamment pour les militaires et policiers traités injustement, les employés, et les citoyens de toutes les catégories sociales en général. Il fournit même régulièrement des papiers et des cartouches aux tribunaux et aux parquets qui n’en ont pas pour le bon déroulement de leur travail. Il aide régulièrement au recyclage des magistrats, auxiliaires de la justice et les policiers (surtout les officiers de la Police Judiciaire) pour qu’ils puissent s’acquitter correctement de leurs tâches. Pierre Claver Mbonimpa a également aidé pour que certains auteurs des infractions diverses soient traduits en justice et punis conformément à la loi.

En outre, le président de l’APRODH n’a pas hésité, en 2006, à dénoncer les assassinats ignobles d’une trentaine de personnes, où le principal accusé était le commandant du Camp de Mukoni (province Muyinga), le Colonel Vital Bangirinama. Ces personnes ont été ligotées, tués et leurs corps jetés dans la rivière Ruvubu. Ce dossier était très sensible et impliquait un haut gradé de l’armée, de sorte que celui qui le dénonçait devrait craindre pour sa sécurité. En 2006 également, il a dénoncé l’assassinat des prisonniers enlevés des cachots de la commune Kinama (en Mairie de Bujumbura). Et la justice a confirmé ces tueries. Mbonimpa a aussi sauvé les rebelles burundais de l’époque (parmi lesquels ceux qui sont actuellement au pouvoir au Burundi) qui étaient victimes de diverses injustices. Cependant, pour le remercier, ils l’emprisonnent injustement ! La liste des bienfaits de Pierre Claver Mbonimpa, président de l’APRODH n’est pas du tout exhaustive.

Ce vieil homme de plus de 64 ans a des honneurs ici au Burundi et à l’étranger. Il a déjà été décoré par le Roi belge, notamment, suite à son engagement ferme envers les sans voix, et a reçu plusieurs prix internationaux attribués aux meilleurs défenseurs des droits de l’homme.

L’emprisonnement de Pierre Claver MBONIMPA pourrait entrainer de lourdes conséquences surtout sur le plan sociopolitique du pays. Les donateurs du Burundi, qui posent des conditions préalables avant le déblocage des aides, notamment la bonne gouvernance démocratique et le respect des droits de l’homme, commencent à fermer les robinets. Et si les aides ne sont pas débloquées, l’Etat revoie, à tout prix les taxes et impôts, supportés par les citoyens plongées dans une pauvreté sans nom. La hausse des taxes et impôts provoquent la hausse des prix des produits de première nécessité, alors que la pauvreté continue à s’observer au sein de la population, du jour au lendemain, en témoigne le projet de budget général révisé 2014 qui vient d’être voté par l’Assemblée Nationale Burundaise.

A cause de l’emprisonnement du père des opprimés, Pierre Claver MBONIMPA, l’image du Burundi est également ternie. Et, des étrangers ne compteront pas venir s’installer dans un pays où les droits des gens sont bafoués.

Si le Gouvernement du Burundi voulait à tout prix infliger une punition au président de l’APRODH, nous estimons que le temps est suffisant pour libérer ce militant des droits de l’homme internationalement reconnu. Tout au moins, nous demandons qu’il bénéficie d’une liberté provisoire, car, en matière de droit, la liberté c’est la règle, et l’emprisonnement l’exception. Nous demandons cette libération avec insistance au Gouvernement du Burundi, car nous savons très bien que la décision de son emprisonnement n’émane pas de la justice mais plutôt de quelques poids lourds de la République. Il aurait été emprisonné suite à la haine de quelques hommes forts. Nous sommes aussi au courant que c’est un vaste programme de quelques autorités d’emprisonner toutes les voix qui militent pour les droits humains et les droits économiques, dans l’objectif de les décourager dans leurs missions de défenseurs des droits humains.

Fait à Bujumbura, le 01/08/2014

Pour l’OLUCOME
Gabriel RUFYIRI
Président


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