Plainte

Plainte

Réf : 170/SC-OLUCOME/09/2014 Bujumbura, le 22/09/2014

Transmis Copie pour Information à :

-  Son Excellence Monsieur le Président de la
République du Burundi avec les assurances de notre plus haute considération ;

-  Son Excellence Monsieur le Deuxième vice- Président de la République du Burundi avec les assurances de notre très haute considération.

A Monsieur le Procureur Général près la Cour Anti- Corruption

à Bujumbura

Monsieur le Procureur Général,

Nous avons un grand honneur de nous adresser auprès de votre haute autorité pour porter plainte contre Sieur Salvator NKURIRAGENDA qui ne cesse de diffamer l’OLUCOME, de connivence avec certaines personnalités corrompues, dans l’objectif de ternir l’image de notre organisation.

En effet, Monsieur le Procureur Général, nous voudrions vous montrer, noir sur blanc, qu’il y a des gens qui sont manipulés du jour au lendemain par certaines autorités corrompues et véreux, qui n’ont d’autre visé que nous décourager dans notre tâche de dénoncer les actes de corruption et de détournement des fonds publics.

Déjà le 2 juin 2006, l’OLUCOME, à travers sa correspondance n°58/OLUCOME/06/06 adressé à Son Excellence Monsieur le Président de la République du Burundi, a fait part de la déstabilisation persistante dont il faisait l’objet. Dans cette dernière, l’OLUCOME a fait référence à une autre correspondance qu’il avait envoyée le 31 mai 2006 pour dénoncer sa déstabilisation par un groupe d’individus commandés par Salvator NKURIRAGENDA et Dieudonné NIHORIMBERE, petit frère d’un certain Eric NKURUNZIZA, vice-président de l’ACOMAP dirigée à l’époque par Hilaire NDAYIZAMBA. En marge de cette correspondance, l’OLUCOME avait à cette époque dénoncé des irrégularités dans le marché de fourniture de haricot à la police. Les délinquants se sont alors entrés brutalement dans les bureaux de l’OLUCOME, ont battu des employés et volé des documents de l’organisation. Certains d’entre eux ont été arrêtés sur place et conduits dans les bureaux du Commissariat de la recherche criminelle. Cependant, ils ont bénéficié du soutien du Cabinet du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité Publique, à l’époque. C’est ce dernier qui aurait ordonné à la Police judiciaire qui instruisait les dossiers de ces délinquants arrêtés dans cette affaire de les relâcher.

Monsieur le Procureur Général, selon les informations dignes de foi détenues par l’OLUCOME, aujourd’hui, ce nommé Salvator NKURIRAGENDA aurait donné de l’argent à certains individus qui interviennent à l’émission KABIZI de la RPA pour diffamer l’organisation. Eux-mêmes ils affirmeraient avoir reçu de l’argent de la part de NKURIRAGENDA.

Comme dans le passé, NKURIRAGENDA est toujours soutenu par certaines autorités corrompues pour camoufler leurs actes de corruption et de détournement des deniers publics. Nous sommes au courant qu’il a rencontré le Directeur Général des Finances publiques au sein du Ministère des Finances et de la planification du développement économique pour inventer certains dossiers. Il a aussi contacté d’autres autorités dans ce sens. Nous ne pouvons pas entrer dans ces polémiques, mais nous voudrions vous montrer la vraie identité du délinquant Salvator NKURIRAGENDA.
Monsieur Salvator NKURIRAGENDA est accusé, de 1992 à 2012, de onze (11) infractions, dont voici la liste ci après :

1. Le 14/9/1992 / RMP 86987 / SP / Buja : E.C.S.P (Emission de chèque sans provisions)

2. Le 26/7/1993 / RMP 91253 / SN / Buja : Dénonciation calomnieuse

3. Le 7/9/1995 / RMP 93901 / NTA / NR/ Buja : CVB (Coups et Blessures Volontaires)

4. Le 10/7/2003 / RMP 109490 / N.M / Buja : ECSP + rébellion : condamné à 3 ans de SPP le 3/10/2006

5. Le 9/9/2004 / RMP 110108 / NS / Buja : Escroquerie

6. Le 6/12/2005 / RMP 119979 / SE / Buja : Escroquerie

7. Le 4/12/2006 / RMP 119437 / NSC / Buja : Usurpation de fonction + CBV + association en bande

8. Le 4/12/2006 / RMP 120394 / HH / Buja : Dénonciation calomnieuse

9. Le 23/11/2010 / RMP 97651/Nd. D/Buja : escroquerie+ outrage

10. Le 3/2/2011 / RMP 97651 / NT.K / Buja : Escroquerie

11. Le 31/07/2012/ 572/N.M/ Buja : Fausse déclaration

Monsieur le Procureur Général, laissez-nous vous dire que les corrompus qui travaillent de connivence avec ce Monsieur ont cherché tous les moyens pour salir les membres du comité exécutif dont le Président de l’organisation dans l’objectif de détruire l’OLUCOME. Ils ont essayé de le faire comparaître en justice depuis 2011 sur notamment des affaires montées de toutes pièces par ces corrompus en utilisant, entre autres, le nommé Salvator NKURIRAGENDA qui est devenu un délinquant qualifié.

Ces gens sont organisés en bande et sont influents dans beaucoup de services publics. Ainsi, ce qui est très inquiétant, Sieur NKURIRAGENDA et ses lieutenants sont régulièrement reçus par certaines hautes autorités. Même dans ses interventions, il dit toujours que l’OLUCOME dénigre les autorités, et se demande pourquoi on ne pourrait pas l’attaquer à son tour ?

Monsieur le Procureur Général, ce n’est pas hier que Sieur NKURIRAGEND a commencé des magouilles. En 2002, une ONG de droit britannique « SAVE THE CHILDREN » a fermé ses portes. Sieur Salvator NKURIRAGENDA en a profité pour s’impliquer dans ce dossier, en jouant comme dénonciateur. En effet, d’après lui, cette ONG a fait des fraudes en faisant entrer sur le sol burundais, du matériel non dédouané. Il demandait une prime de 10% du coût total de la somme qui, selon lui, devrait être payé au trésor public, comme le prévoit la loi. L’OLUCOME a, par la suite, fait ses enquêtes et a constaté que cette ONG a fait entrer légalement son matériel, car, exonéré comme le montrent les déclarations de mise en consommation de 1998 à 2002. Sieur Salvator NKURIRAGENDA a donc dit que c’est à cause de l’OLUCOME qu’il n’a pas pu avoir cet argent. Le Ministre des Finances et de la Planification du développement économique, constatant qu’ils ont été déjoués, a écrit, le 3 février 2014, la correspondance n°540.0/314/P.CLK/2014 à Sieur NKURIRAGENDA Salvator dont l’objet était : « Votre demande de prime pour dénonciation de fraude douanière. »

Dans cette dernière, le Ministre Tabu Abdallah MANIRAKIZA a précisé que la prime ne peut pas lui être octroyée faute de preuves que le trésor public aurait perçu quoi que ce soit suite à sa révélation.

Pour terminer, nous posons les questions suivantes :

1. Monsieur le Procureur Général, le dossier D15 (dossier d’information) de demande de prime a été classé définitivement sans suite le 27/08/2013. Sieur NKURIRAGENDA Salvator, vous aurait-il apporté d’autres preuves ?

2. Comment se peut-il que les services publics collaborent et fassent confiance à un tel délinquant alors que c’est un élément très dangereux pour la société ?

3. Sieur NKURIRAGENDA demanderait, dans ses démarches, aux différentes autorités publiques qu’il rencontre de l’aider à réclamer cet argent dans le but de partager le butin. Comme il affirme que l’argent a été remis au trésor public, aurait-il montré la quittance de paiement ?

Monsieur le Procureur Général, le dossier a été définitivement classé sans suite. Cependant, lorsque l’OLUCOME traite des dossiers chauds, de tels dossiers sont ressuscités. En tant que maître de l’action publique, nous vous demandons de faire respecter l’OLUCOME, conformément à la loi anti-corruption, spécialement en son article 14.

Veuillez agréer, Monsieur le Procureur Général, l’expression de notre haute considération.

Pour l’OLUCOME

MAHWEGE Hassan

Secrétaire Général adjoint

C.P.I à :

-  Excellence Monsieur le Ministre à la Présidence Chargé de la Bonne Gouvernance et de la Privatisation ;

-  Excellence Monsieur le Ministre de la Justice et garde des Sceaux ;

-  Excellence Monsieur le Ministre de l’Intérieur ;

-  Excellence Monsieur le Ministre des Finances et de la Planification du Développement Economique ;

-  Monsieur le Procureur Général de la République

-  Sieur Salvator NKURIRAGENDA

à Bujumbura


Nombre de visites: 351 - Article redigé le 24/09/2014 à 10:28