President de l’Olucome

President de l’Olucome

Né en commune MATONGO, province KAYANZA dans le Nord du pays, en 1973, Gabriel RUFYIRI est à la tête de l’Observatoire de Lutte contre la Corruption et les Malversations Economiques (OLUCOME), qu’il a fondé en 2002.

La devise de l’OLUCOME est le suivant : intégrité- équité- transparence. L’OLUCOME travaille sous plusieurs axes notamment : enquête et législation ; sensibilisation, éducation, formation, information ; environnement ; suivi du budget de l’Etat ; dénonciation en rapport aux dossiers extrêmement sensibles des actes de corruption, de malversations économiques et de détournement des biens publics, etc.

A cause de leurs activités, ses membres sont bien souvent victimes d’assassinats, d’intimidation et d’emprisonnement, etc.
L’OLUCOME a déjà traité plus de 1500 dossiers de corruption, de détournements, de malversations économiques. Cependant, il a déjà reçu plus de 13 milles dossiers de dénonciations, avec une perte de près de 1000 milliards dans ces dossiers. Mais faute de moyens matériel et financiers, tous ces dossiers n’ont pas pu être traités. L’OLUCOME fait une sorte de régulation pour prévenir ou décrier le dysfonctionnement des services étatiques.

En matière de dénonciation, Gabriel RUFYIRI n’a peur de personne. C’est la bête noire de tous les prédateurs économiques. Un chien de garde des caisses de l’Etat. Son courage lui a valu des peines de prison et des fuites temporaires.

Comptable et gestionnaire de formation, Gabriel RUFYIRI a été déjà emprisonné 6 fois en l’espace de trois ans seulement pour des raisons de travail, c’est-à-dire de 2004 à 2007. Heureusement, il n’y a jamais eu de condamnation à son encontre. Il a été également convoqué par la justice 30 fois de 2003 à 2014.

Le président de l’OLUCOME s’est éclipsé temporairement à cause des poursuites et d’intimidations suite aux dénonciations qu’il opère régulièrement à l’endroit des hautes autorités du pays accusés de corruption et de détournement des deniers publics. Ainsi, par exemple, pour avoir effectué une enquête sur la vente illicite des permis de conduire, il a été emprisonné en isolement complet dans les cachots de la PSR du 22 au 24 octobre 2004.« On m’a ligoté, et les traces des cordes sont toujours visibles sur mes bras », témoigne-t-il.

En 2006, il a connu une prison de 4 mois à la prison centrale de MPIMBA pour avoir dénoncé la vente illicite du Falcon 50 et un marché illégalement attribué par la police dans la fourniture des haricots.
Depuis, les menaces à l’encontre de Gabriel RUFYIRI se sont multipliées. Il a échappé à plus de 11 tentatives d’assassinat, à l’aide du poison ou des accidents routiers prémédités. En outre, ses parentés n’ont pas de répit lorsqu’ils cherchent des documents administratifs, ou ils sont empêchés de faire des affaires par exemple, à cause des activités de dénonciation menées par le président de l’OLUCOME.
Si RUFYIRI affirme avoir failli être assassiné à maintes reprises, son adjoint lui, Ernest MANIRUMVA n’a pas échappé à ses bourreaux en avril 2009.

Jusqu’à ce jour, le président de l’OLUCOME reçoit des appels téléphoniques anonymes d’intimidation, des menaces de mort pour diverses dénonciations. Pourtant, dit-il, « je suis prêt à mourir pour mon pays. » A travers un proverbe rundi, il résume un peu sa philosophie. On comprend donc cette sérénité qu’il affiche à tout moment. Il est sûr qu’on ne va pas le tuer : « Umuswi w’inkoko ntukura kubera impuhwe z’agaca » (Si le poussin grandit, ce n’est pas grâce à la pitié de l’épervier) : c-à-d, on peut croître dans un environnement hostile.

Le pouvoir le considère comme un opposant politique, or, précise-t-il, « nous faisons un clin d’œil au gouvernement. » L’homme est craint, voire haï dans certains cercles du pouvoir, il est considéré comme un ennemi du pays.

Marié et père de trois enfants dont l’âge est compris entre 14 et 5 ans, Gabriel RUFYIRI a toujours été créatif. En 1997, il crée l’association des natifs de la colline MATONGO (ANACOM), sa colline natale. L’association, toujours active, se charge d’octroyer du matériel scolaire aux enfants, et de les inciter à étudier. En 1999, il crée la Solidarité des opérateurs de petit commerce du Burundi (SOPECOBU). En 2002, il fonde l’OLUCOME. Et en 2008, il fonde l’organisation pour la transparence et la gouvernance (OTRAG).

En décembre 2013, l’OLUCOME a été admis comme observateur dans les sessions des Etats faisant partie de la Convention des Nations Unies contre la corruption (UNCAC). Gabriel RUFYIRI se félicite, également d’être membre fondateur du Réseau Panafricain de Lutte contre la Corruption (REPAC) et de l’Observatoire de Lutte contre la Corruption en Afrique Centrale (OLCAC).

Ce fils aîné d’une famille de 9 enfants (3 garçons et 6 filles) a été, à maintes reprises décoré et gratifié des titres honorifiques de par le monde, et suivi des cours internationaux. Le 18 avril 2008, il a terminé les cours du programme de leadership organisé par le département d’Etat américain. Il est aussi un citoyen d’honneur de « Rapid City », une ville de Dakota (l’un des Etats des USA). Le 14 mai 2012, Gabriel RUFYIRI a été décoré « Chevalier de l’ordre de la couronne » par le Roi Albert II de Belgique. Le journal IWACU l’a élu, à quatre reprises de 2010 à 2013, parmi les 50 personnalités qui font avancer le Burundi. En 2007, le Forum pour la Conscience et le Développement (FOCODE) a salué le courage du président de l’OLUCOME et lui a décerné le « Prix du bon citoyen 2006. »


Nombre de visites: 1536 - Article redigé le 1er/08/2014 à 11:07