Problème de carence de charbon, de délestages incessants d’électricité et annonce d’une conférence publique

Problème de carence de charbon, de délestages  incessants d’électricité et annonce d’une conférence publique

Réf : 154/SC-OLUCOME/09/2014 Bujumbura, le 05/09/2014

Transmis Copie Pour Information à :
-  Son Excellence Monsieur le Président de la République du Burundi avec les assurances de notre plus haute considération ;
-  Son Excellence Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale avec les assurances de notre très haute considération.
à
Bujumbura
A Son Excellence Monsieur le Deuxième vice- Président de la République du Burundi avec les assurances de notre très haute considération.
à
Bujumbura

Excellence Monsieur le Deuxième vice- Président,

Nous avons un grand honneur de nous adresser auprès de votre très haute autorité pour déplorer la légèreté de l’Etat dans le traitement des questions liées à la carence actuelle du charbon et aux délestages d’électricité interminables malgré les fausses promesses de différentes autorités.

En effet, Excellence Monsieur le Deuxième vice- Président, trouver du charbon pour le moment est devenu un casse-tête, et le prix d’un sac est passé de 20.000 Fbu à près de 60.000 Fbu dans certains coins du pays. A l’origine de ce phénomène qui vient encore enfoncer les citoyens qui vivent une misère inqualifiable, la décision du Directeur Général des Forêts et de l’Environnement, Ir. Alphonse NIYONGABO du 20/08/2014, fixant les documents exigés pour le transport des produits forestiers.

Permettez-nous de reproduire lesdits documents tels que présentés par ce Directeur Général :

1. Une attestation de possession d’un boisement signée par l’administrateur et le gouverneur de province ;

2. Un acte d’engagement de réhabilitation du boisement exploité signé par le propriétaire du boisement de l’administrateur communal ;

3. Note attestant l’état du boisement dûment signée par l’Inspecteur provincial des forêts ;

4. Contrat d’achat, si le demandeur de l’autorisation n’est pas le propriétaire, et visé par les témoins (deux ou plus) et l’inspecteur provincial ;

5. Note de fin d’exploitation signée par l’inspecteur provincial

6. Photocopie de la carte nationale d’identité du demandeur de l’autorisation

7. Reçu de l’OBR

Excellence Monsieur le Deuxième vice- Président, certaines de ces attestations délivrées par l’autorité territoriale ne sont prévues nulle part par le Code forestier. Il est inacceptable que le Directeur Général des forêts et de l’Environnement légifère alors que la loi ne lui accorde pas ces prérogatives. Ce qui complique encore les citoyens qui demandent des autorisations d’exploiter les boisements, l’autorité administrative refuse et leur rétorque souvent de chercher du bois ailleurs comme en République Démocratique du Congo (RDC) ou en Tanzanie.

Pire, le Directeur Général des forêts et de l’Environnement travaille actuellement avec différents groupes comme la cellule anti-fraude, la brigade anti-corruption, les services de renseignement, la police de l’environnement, de roulage, etc. Ce qui est très surprenant c’est cette cellule anti-fraude qui serait composée par des jeunes inconnus dans l’administration et opérant même des patrouilles la nuit, parmi eux des gens qui ne savent même pas interpréter ces documents exigés. Ce qui arrive avec ces différents groupes qui travaillent avec le Directeur Général des forêts et de l’Environnement, selon les marchands de charbon, ils les vandalisent en leur exigeant des pots-de-vin. Ce qui se répercute sur les consommateurs, car ces marchands revoient à la hausse le charbon, pour récupérer la corruption qu’ils avaient versée. Egalement, les attestations citées ci-haut sont délivrées moyennant le paiement de l’argent. Tout cela augmente le prix du charbon.

Excellence Monsieur le Deuxième vice- Président, l’OLUCOME est conscient que la protection de l’environnement est primordiale. Cependant, les décisions prises doivent être accompagnées par d’autres mesures comme la plantation massive des arbres sur les collines et la mise en place d’autres énergies renouvelables, par exemple. Ce qui est une responsabilité de l’Etat. Cela signifie donc que l’OLUCOME n’est pas du tout contre ces mesures de protection de l’environnement, mais les décisions prises doivent être consensuelles. L’OLUCOME est au courant que le Directeur Général des forêts et de l’Environnement prend seul les décisions qui sont d’ailleurs souvent contestées par ses collaborateurs. Nous détenons des correspondances qui appuient cette affirmation.

L’OLUCOME demande donc que le Gouvernement prenne, à temps, des mesures qui s’imposent pour redresser la situation dans ce ministère, car apparemment il s’y observe un grand désordre. De plus, nous demandons que cette question de charbon soit très rapidement résolue, car elle aggrave la situation de pauvreté dans laquelle sont déjà plongés les citoyens burundais.

Excellence Monsieur le Deuxième vice- Président, ce n’est pas seulement ce problème de carence de charbon qui mine la richesse des ménages et du pays, mais aussi les délestages incessants d’électricité ont déjà créée un gros trou au cœur de l’économie nationale.

Souvenez-vous, Excellence, qu’à partir de l’an 2007, le prix de l’électricité est déjà revu à la hausse quatre fois, et à plus de 300%. Chaque fois que le prix de l’électricité était revu à la hausse, la REGIDESO et d’autres autorités, dont vous-mêmes, nous annonçaient que c’était dans le but de résoudre définitivement les problèmes de carence de l’électricité. Ce qui est visible, c’est que la REGIDESO, à cause du favoritisme lié à l’appartenance politique, recrute une pléthore d’employés. Ce qui veut dire que l’argent qui aurait été utilisé dans le perfectionnement de ses services en vue de régler ces déficits énergétiques, est utilisé pour payer ledit personnel.

Egalement, l’Etat du Burundi, un des grands consommateurs d’électricité, a une dette de plus de 21 milliards Fbu envers la REGIDESO, selon les informations fournies par cette société. Or, chaque année, la loi budgétaire prévoit de l’argent pour payer les dettes. Alors, où va cet argent ? L’autre fait surprenant est que le Burundi va bientôt passer 10 ans en mettant en application les programmes de réduction de la pauvreté à travers les CSLP I et II au moment où nous n’avons même pas construit un seul barrage ! Car, l’énergie est un élément indispensable du développement. Or, avec le CSLP I, la prévision du taux de croissance économique était de 8%, mais nous acheminons vers la fin du CSLP II sans atteindre au moins 4,8%. Ce qui ralenti la croissance économique du pays. Egalement, ce qui est très regrettable, que nous qualifierons même d’insolite, c’est cette affirmation du Ministre ayant les Finances dans ses attributions devant les députés, quand il justifiait la révision budgétaire 2014, que, compte tenu de la revu en hausse des taxes que supportent au quotidien les citoyens, il n’allait plus y avoir de délestages depuis le 1er août 2014. Or, c’est à partir de cette période que les délestages d’électricité se sont accentués.

Excellence Monsieur le Deuxième vice- Président, les conséquences multiples qu’entraine le problème d’électricité, que vous n’ignorez sans doute pas, sont multiples.

Permettez-nous de vous en rappeler quelques-unes :

-  L’activité économique émanent des secteurs primaire, secondaire et tertiaire est au ralenti, voire bloquée, presqu’au point mort ! Par conséquent, la croissance économique est impossible ;

-  La santé des citoyens est menacée. L’OLUCOME est témoin que certaines pharmacies délivrent pour le moment des médicaments périmés, notamment les vaccins, parce qu’ils devraient être conservés dans des réfrigérateurs.

-  Les marchands de lait ont presqu’abandonné leur commerce, avec toute la pauvreté qui frappe désormais aux portes de leurs ménages. Mais également, vous savez que si les gens consomment du lait mal congelé tombent immédiatement malade, avec une possibilité d’y laisser leurs vies ;

Nous demandons donc à la Ministre de la Santé Publique et de Lutte contre le Sida de se saisir rapidement de cette question

-  Etc.

Excellence Monsieur le Deuxième vice- Président, compte tenu de ce mensonge flagrant du Ministre des Finances, l’OLUCOME lui demande d’éclaircir à l’opinion les raisons qui l’ont poussé à dire l’inverse de la réalité. Il doit également demander pardon aux citoyens, sinon il devra présenter sa démission ou être limogé immédiatement. Au cas contraire, cela montrerait que le Gouvernement a soutenu le mensonge de son Ministre.

Par ailleurs, Excellence Monsieur le Deuxième vice- Président, que ce soit pour la question de carence de charbon ou des délestages permanents d’électricité, l’OLUCOME constate que le Gouvernement les traite très légèrement.

C’est dans ce cadre que nous informons le Maire de la ville de Bujumbura, à travers cette correspondance, que l’OLUCOME animera une conférence publique sur la carence de charbon et la persistance des délestages d’électricité, à Ego Hôtel, jeudi le 11 septembre 2014 à partir de 15h. Le bureau d’organisation est composé comme suit : Gabriel RUFYIRI, Juvénal NTIRANDEKURA et Judith NDAGIJIMANA. Nous demandons également au Maire de la ville de nous fournir des éléments de sécurité à cet effet.

Espérant une bonne réception de la présente, nous vous prions d’agréer, Excellence Monsieur le Deuxième vice- Président, l’expression de notre très haute considération.

Pour l’OLUCOME

Gabriel RUFYIRI

Président

C.P.I à :

-  Son Excellence Monsieur le Ministre à la Présidence Chargé de la Bonne Gouvernance et de la Privatisation ;

-  Son Excellence Monsieur le Ministre de l’Intérieur ;

-  Son Excellence Monsieur le Ministre des Finances et de la Planification du Développement Economique ;

-  Son Excellence Monsieur le Ministre de l’Environnement et de l’Urbanisme ;

-  Son Excellence Madame la Ministre de la Santé Publique et de Lutte contre le Sida ;

-  Monsieur le Maire de la ville de Bujumbura ;

-  Monsieur de Directeur Général des forêts et de l’Environnement ;

-  Monsieur le Directeur Général de la REGIDESO

à Bujumbura


Nombre de visites: 282 - Article redigé le 23/09/2014 à 17:32