QUELQUES FAITS PARLANT EXPLIQUANT LE HARCELEMENT ACTUEL DU PRESIDENT DE L’OLUCOME

QUELQUES FAITS PARLANT EXPLIQUANT LE HARCELEMENT ACTUEL DU PRESIDENT DE L’OLUCOME

La dernière convocation du Président de l’OLUCOME, Gabriel RUFYIRI par la justice, celle du 17 juillet 2014 par le Procureur de la République en Mairie de Bujumbura, Arcade NIMUBONA, est la 33ème depuis son engagement dans la lutte contre la corruption.

Chaque fois que l’OLUCOME traite une affaire brûlante, il y a toujours une réaction de la part des autorités citées dans ledit dossier. Soit ils créent un événement pour faire un harcèlement judiciaire à l’endroit du Président de l’OLUCOME surtout, soit ils profèrent d’autres menaces. Certains faits chronologiques, ci-dessous, le montrent clairement :

En 2004, Gabriel RUFYIRI a été arrêté, conduit au cachot en isolement du Bureau Spécial de Recherche (BSR) et ligoté pendant deux jours. Les traces sont toujours visibles sur ses bras. Son péché était d’avoir dénoncé la corruption qui s’observait dans l’octroi des permis de conduire. Ses avocats ont donc porté plainte contre un Officier de Police Judiciaire (OPJ), du nom de NIJIMBERE qui l’a maltraité, mais son dossier n’a jamais été ouvert par la justice jusqu’à ce jour.

En 2006, suite à l’attribution du marché de haricot d’une valeur d’à peu près 1 milliard de francs burundais attribué au gré à gré par la Police Nationale dirigée à l’époque par le Général Alain Guillaume BUNYONI, l’OLUCOME a dénoncé ces magouilles. Le commerçant qui avait eu ce marché, ainsi que ceux qui le lui ont attribué sont venus, par la suite, assiéger le bureau de l’OLUCOME, ont volé certains documents précieux et battu les employés. La police de la recherche criminelle, dirigée à l’époque par un certain Bertin, les a arrêtés, mais l’ordre de les relâcher directement lui a été intimé, malgré les crimes graves qu’ils avaient commis.

La même année, après avoir dénoncé la vente illicite du jet présidentiel, le FALCON 50, les bailleurs de fonds ont pris au sérieux cette dénonciation et ont envoyé une correspondance au Gouvernement, par le biais de la Banque Mondiale. Le président de l’OLUCOME a donc échappé de justesse après avoir failli être tué à l’aide du poison. Il a passé une semaine à l’hôpital Polyclinique Centrale et sorti, heureusement, sain et sauf.

En 2006 toujours, Gabriel RUFYIRI a été convoqué sur l’affaire ci-haut évoqué par un magistrat du nom de Liévin MACUMI, actuel Commissaire Général de la Brigade Spéciale Anti- corruption. Il l’a directement envoyé à la prison centrale de Mpimba pendant 4 mois, mais il n’y a pas eu de condamnation. Le Président de l’OLUCOME a, par la suite, porté plainte contre Liévin MACUMI, mais la justice a refusé de recevoir cette plainte.

En 2009, après l’assassinat ignoble du vice-président de l’OLUCOME, Ernest MANIRUMVA, l’Observatoire a publié le communiqué de presse n°6/OLUCOME/04/09. Dans ce dernier, l’OLUCOME a demandé au Gouvernement du Burundi de commanditer une enquête internationale qui pourrait mettre la lumière sur cet assassinat qui serait prémédité, commandité et exécuté par des tueurs qui auraient un but à atteindre. L’Observatoire a également prié la communauté internationale de prêter main-forte au Gouvernement en vue d’arriver à l’éradication de l’impunité devenue monnaie courante depuis quelques années. C’est dans ce cadre qu’il a été mis en place une commission d’enquête appuyée par la police fédérale américaine (FBI). Depuis lors, le Président de l’OLUCOME n’a plus eu de répit sur cette affaire. Des tracts ont été trouvés dans les rues de Bujumbura, l’accusant d’être le cerveau de cet assassinat.

Pire, le rapport du FBI demandant l’audition et l’analyse ADN de certaines autorités de la police qui seraient impliqués dans l’assassinat d’Ernest MANIRUMVA, n’a pas été considéré jusqu’à présent par la justice. Le FBI avait recommandé l’audition de ces haut gradés de la police pour voir s’il n’y aurait pas un lien entre cet assassinat et les informations qui étayaient l’échange d’armes contre les minerais à l’Est de la RDC, contenu dans le rapport des experts de l’ONU publié en décembre 2009.

Depuis que l’OLUCOME et la famille Ernest MANIRUMVA aient refusé les dommages et demandé le respect du contenu du rapport du FBI, parce que l’Etat voulait que l’affaire soit clôturée par l’accusation de ceux qui seraient des boucs émissaires, les autorités ont considéré le président de l’OLUCOME comme un frein à ce raccourci judiciaire. Raison pour laquelle ils ont pris l’option des tracts. Ils ont utilisé certains journaux en ligne pour relayer le contenu de ces tracts.

C’est notamment le journal Agnews et Abarundi.org (devenu Nyabusorongo), qui seraient alimentés directement par le Service National des Renseignements (SNR). Ce qui a été accentué par le déroulement de la campagne « Justice pour Ernest Manirumva », car l’OLUCOME a continué à demander le respect des recommandations des rapports de la 3ème commission d’enquête mise en place par le Gouvernement burundais et du FBI. Et, chaque fois que les membres de cette campagne préparaient une marche pacifique ou toute autre activité, ils recevaient toujours une fin de non recevoir de la part de l’autorité. Pire, la même autorité faisait souvent arrêter Gabriel RUFYIRI et terrorisait toute personne qui osait travailler sur cette affaire.

En 2010, l’OLUCOME a travaillé sur les avantages exagérés, notamment les intendances à vie jusqu’à leurs enfants, que voulaient s’octroyer plus de 70 Généraux burundais de l’époque. Pour cette dénonciation, le Président de l’OLUCOME a eu écho d’un plan de l’éliminer en l’écrasant par un véhicule de l’armée ou de la police. Il a partagé cet écho aux autorités compétentes à travers une correspondance. Effectivement, il ne s’agissait pas d’une rumeur puisqu’un véhicule du Commandant de la 2ème région militaire l’a cogné alors qu’il se rendait à Kayanza avec toute sa famille. Heureusement, ils s’en sont sortis sains et saufs.

En juillet 2014, l’OLUCOME vient de lancer la campagne « D’où as-tu tiré ta richesse ». Le 9 juillet 2014, l’Observatoire a animé une conférence publique qui a été empêché sans aucun motif. Constatant donc que les manifestations pacifiques de masse et les réunions publiques sont systématiquement empêchées par l’autorité, Gabriel RUFYIRI a décidé de faire une marche pacifique seul et d’observer une grève de la faim les mercredi 16 et jeudi 17 juillet 2014. Le jour de la marche, très tôt le matin, comme c’est de coutume, la police a encerclé sa résidence pour l’en empêcher.

Cet empêchement a été suivi par des convocations intempestives en justice. D’abord il a été auditionné sur les dénonciations de l’enrichissement illicite le 16 juillet 2014, et il est rentré avec une autre convocation pour comparaître le lendemain dans l’affaire Ernest MANIRUMVA. Il a répondu à 95 questions dans ces deux auditions.
Gabriel RUFYIRI constate qu’au lieu de répondre aux questions posées par l’OLUCOME à travers, par exemple, les conférences publiques, les marches pacifiques organisées dans le cadre de refuser les avantages des anciens Chefs d’Etat en 2004- 2005 ; la corruption qui était devenue un cancer pour l’Etat ( depuis 2006) ; l’assassinat ignoble du vice-président de l’OLUCOME (2009) ; les avantages exagérés des Généraux burundais (2010) ; la campagne contre la vie chère (depuis 2011) ; la campagne « D’où as-tu tiré ta richesse » (depuis 2014), le pouvoir cherche plutôt un raccourci pour museler les membres de l’Observatoire, notamment son président qui peut comparaître dans trois parquets pendant trois jours, comme cela a été le cas en 2011, où il a été convoqué au parquet Mairie, au parquet général près la Cour d’Appel de Bujumbura et au parquet général près la Cour Anticorruption sur trois dossiers différents.

Heureusement, même si le président de l’OLUCOME est toujours trainé en justice par ses détracteurs, il n’y a pas de dossier à sa charge.

En définitive, l’OLUCOME ne comprend pas comment, chaque fois qu’on traite un dossier brûlant, il y a une volonté de harceler son président. L’objectif principal de ces harcèlements est de le décourager dans son combat de lutte contre la corruption.


Nombre de visites: 588 - Article redigé le 6/08/2014 à 13:48