Recours contre la décision du Maire de la ville n°531.17/1862/CAB/h.l/2014 du 11/09/2014

Recours contre la décision du Maire de la ville n°531.17/1862/CAB/h.l/2014 du 11/09/2014

Réf. :161/SC- OLUCOME/09/2014 Bujumbura, le 16/09/2014

Transmis Copie pour information à :

-  Son Excellence Monsieur le Président de la République du Burundi avec les assurances de notre plus haute considération ;

-  Son Excellence Monsieur le Deuxième Vice- Président de la République du Burundi avec les assurances de notre très haute considération ;

A Son Excellence Monsieur le Ministre de l’Intérieur

à

Bujumbura

Excellence Monsieur le Ministre,

J’ai un grand honneur de m’adresser auprès de votre haute autorité pour vous demander d’annuler la décision du Maire de la ville de Bujumbura se trouvant dans sa correspondance n°531.17/1862/CAB/h.l/2014 du 11/09/2014 refusant une marche pacifique et une grève de la faim que j’ai prévues pour mardi et mercredi les 16 et 17 septembre 2014.

En effet, Excellence Monsieur le Ministre, le Maire de la ville n’a pas motivé sa décision comme la loi l’exige. Il n’a pas pu montrer comment une seule personne pourra perturber l’ordre public alors que je lui ai demandé les agents de sécurité lors de cette marche individuelle. Or, dans la correspondance n°155/OLUCOME/09/2014 du 10/09/2014 adressée àMonsieur le Maire de la ville de Bujumbura dont la copie vous a été réservée, j’avais bien motivé les raisons qui me poussent àvouloir faire, seul, une marche pacifique et observer une grève de la faim. Dans la même correspondance, j’ai fustigé les fraudes qui entourent la coupe des boisements domaniaux et la commercialisation du charbon et des planches qui enrichissent une poignée de gens au détriment de la population qui croupit dans une misère sans nom. Je lui avais également fait part des nombreuses conséquences causées par les délestages interminables alors que Son Excellence Monsieur le Ministre des Finances avait annoncé, devant un parterre de députés, qu’il n’allait plus y avoir de délestage depuis le 1er aoà»t 2014.

A travers ladite lettre, je lui ai avisé que je dois contraindre l’Etat, conformément àla loi, pour s’occuper véritablement des questions économiques, car, je constate que les citoyens s’enfoncent du jour au lendemain dans la pauvreté sans nom aggravée par la hausse exagérée du prix du charbon devenu un casse-tête et les délestages incessants d’électricité. Dans le même ordre d’idées, je lui ai fait savoir que selon les enquêtes effectuées par l’OLUCOME, ces délestages et ces carences de charbon touchent seulement les pauvres citoyens, et non les autorités. Car, ces dernières disposent des groupes électrogènes et des cuisinières, alors qu’elles utilisent les taxes et impôts payés par les citoyens qui ne peuvent même pas joindre les deux bouts du mois.

Egalement, Excellence Monsieur le Ministre, j’avais précédemment envoyé la correspondance n°154/SC-OLUCOME/09/2014 du 5/09/2014 àSon Excellence Monsieur le 2ème vice- Président de la République du Burundi, àtravers laquelle j’avais informé le Maire de la ville de Bujumbura de la tenue de la conférence publique jeudi le 11/09/2014 àpartir de 15h30 minutes àEgo Hôtel sur la carence du charbon et les délestages incessants d’électricité qui aggravent la pauvreté extrême des citoyens burundais. Le Maire de la ville n’a pas voulu réagir, mais a envoyé une armada des policiers pour empêcher ladite conférence, en violation fragrante de la loi. Je constate que ces empêchements de ces réunions publiques par la police n’est pas une méthode de travail conforme àla loi car je lui ai déjàadressé trois correspondances dans moins de deux mois sans aucune réponse écrite motivée comme la loi l’exige seulement en cas de refus.

En outre, dans sa réponse ànotre correspondance, le Maire de la ville de Bujumbura nous a demandé, dans le but d’esquiver àma requête de manifester et d’observer une grève de la faim, de « collecter les doléances que nous aurions prévues exprimés lors de cette manifestation pour les remettre aux ministères concernés afin qu’elles soient prises en compte lors de la planification de leurs missions quotidiennes.  » Cependant, Excellence Monsieur le Ministre, cette réponse ne tient pas debout, dans la mesures où nous avons déjàenvoyé plus d’une centaine de correspondances aux différentes autorités, mais elles ne daignent jamais nous répondre et les situations que nous décrions s’aggravent du jour au lendemain. Donc, cette proposition du Maire de la ville n’est pas une solution favorable.

De plus, les riches continuent às’enrichir illicitement, et les pauvres àêtre enfoncés dans la misère. Et plus exactement, même si la situation n’était pas comme telle, il est révoltant qu’on m’empêche d’exercer mes doits reconnus par la loi.
De ce fait, Excellence Monsieur le Ministre, se basant sur la loi n°1/28 du 5 septembre 2013 portant réglementation des manifestations sur la voie publique et réunions publiques, en son article 10 alinéa 2 et 3 qui stipule que « cette décision doit être dà»ment motivée. Celle-ci est susceptible de recours hiérarchique et devant la cour administrative qui statue selon la procédure d’urgence.  » « L’autorité hiérarchique dispose de 48 heures pour répondre àce recours », je fais recours auprès de vous pour vous demander d’annuler la décision du Maire ci-haut émargée et de m’autoriser àeffectuer une marche pacifique et une grève de la faim que je débuterai mardi le 16 septembre 2014 selon ce trajet : Kiosque de la BRARUDI(en face de l’ex marché central)-Place de l’Indépendance-en face du ministère de l’intérieur et celui de la justice et j’y resterai jusqu’au mercredi 17 septembre 2014.

J’aimerais vous demander également, Excellence Monsieur le Ministre, de donner l’ordre au Maire de laisser la tenue de la conférence publique initialement prévue et empêchée le 11/09/2014 et qui est reportée mardi le 23 septembre 2014 àpartir de 15h30 au même endroit (Ego Hôtel).

Dans l’attente d’une suite favorable ànotre recours, nous vous prions d’agréer, Excellence Monsieur le Ministre, l’expression de notre haute considération.

Pour l’OLUCOME

Gabriel RUFYIRI

Président

C.P.I à :

-  Son Excellence Monsieur le Ministre de l’Environnement et de l’Urbanisme ;

-  Son Excellence Monsieur le Ministre des Finances et de la Planification du Développement Economique ;

-  Son Excellence Monsieur le Ministre de l’Energie et des Mines ;

-  Monsieur le Maire de la ville de Bujumbura

-  Monsieur Général de la REGIDESO ;

àBujumbura


Nombre de visites: 462 - Article redigé le 24/09/2014 à 10:12